Le Sommet des Dieux est un manga en cinq volumes dessiné par Jirô Taniguchi, d’après le roman de Baku Yumemakura. L’éditeur français Kana présente cette série achevée comme une aventure d’alpinisme portée par une enquête : à Katmandou, au Népal, le photographe japonais Fukamachi Makoto découvre un vieil appareil photo qui pourrait être lié à George Mallory. Il croise ensuite Habu Jôji, alpiniste japonais solitaire. Le récit mêle la passion de la montagne, l’histoire de l’alpinisme et le doute sur ce que l’on peut vraiment prouver.
La question de départ est célèbre : Mallory et Andrew Irvine, disparus sur l’Everest en 1924, ont-ils atteint le point culminant avant leur mort ? La réponse réelle demeure inconnue. Le Kodak imaginé dans la fiction sert de moteur à l’enquête ; il ne constitue pas une preuve historique retrouvée. Notre article sur George Mallory sépare les archives de cette intrigue romanesque.

De quoi parle le manga Le Sommet des Dieux ?
Le héros, Fukamachi, est photographe et journaliste. Selon la présentation du tome 1 par Kana, il tombe dans une petite boutique népalaise sur un appareil photo qui pourrait avoir appartenu à Mallory. Cette hypothèse l’entraîne sur la trace de Habu Jôji. Le célèbre alpiniste, personnage de fiction, poursuit sa propre relation avec l’Everest. Fukamachi ne cherche bientôt plus seulement un objet : il tente de comprendre les choix et les souvenirs d’un homme fasciné par les parois.
Le suspense repose donc sur deux questions liées : que pourrait raconter l’appareil Kodak sur l’ascension de Mallory et Irvine, et pourquoi Habu continue-t-il à grimper ? Le récit n’apporte pas une nouvelle donnée à l’histoire réelle de l’Everest. Il transforme une énigme connue en aventure initiatique, avec une tension entre l’action, la poésie des paysages et les limites physiques de l’alpiniste.
Qui a créé la bande dessinée, et combien de tomes existe-t-il ?
Jirô Taniguchi a transposé en bande dessinée le roman de Yumemakura Baku, ordre japonais du nom de Baku Yumemakura. Kana répertorie cinq tomes dans sa collection Made in ; le tome 5 clôt la série. Le mangaka s’appuie sur un trait minutieux pour rendre la masse des parois, les distances et les petits personnages humains dans l’Himalaya. Ce choix visuel donne à l’aventure un rythme souvent contemplatif : l’immensité du relief n’est pas réduite à une succession d’exploits.
Il faut distinguer les responsabilités créatives : le roman appartient à Baku Yumemakura ; le manga est l’adaptation dessinée par Taniguchi ; la traduction française indiquée par Kana est celle de Sylvain Chollet. Le titre japonais est généralement transcrit Kamigami no Itadaki, mais l’édition française reste la bonne référence pour choisir les volumes disponibles en librairie. Les prix et formats peuvent évoluer selon la réédition : vérifiez la fiche de l’éditeur avant un achat.
Fukamachi, Habu et Mallory : des personnages de statuts différents
- Fukamachi Makoto est le photographe qui relie l’enquête au lecteur. Son regard progresse de la curiosité professionnelle à l’attention portée aux personnes rencontrées.
- Habu Jôji est l’alpiniste japonais dont le parcours nourrit la plus grande partie du récit. Sa quête est fictionnelle, même si elle emprunte aux codes des expéditions réelles.
- George Mallory et Andrew Irvine sont des figures historiques. Leur disparition en 1924 est réelle ; l’hypothèse d’un appareil révélateur appartient ici au ressort narratif.
Cette différence entre fiction et archive rend l’œuvre captivante. Le « sommet des dieux » n’est pas un nom géographique officiel : c’est l’image d’un objectif que les protagonistes projettent sur l’Everest. Pour les données actuelles sur la montagne, ses voies et l’altitude, voyez notre guide factuel de l’Everest. La face nord tibétaine rappelle aussi le cadre des premières tentatives britanniques, sans résoudre l’énigme de 1924.

Le film d’animation raconte-t-il la même histoire ?
Le film Le Sommet des Dieux de Patrick Imbert est une adaptation sortie en 2021, et non un documentaire. Le Festival de Cannes le présente comme un long métrage de 94 minutes centré sur l’enquête de Fukamachi et sa rencontre avec Habu. Netflix précise que son acquisition des droits de diffusion excluait notamment la France. La disponibilité actuelle dépend du pays et de la plateforme ; ne présumez pas que le film est accessible sur Netflix en France.
Le manga laisse plus de place aux détours et aux souvenirs de Habu sur cinq volumes ; le film condense nécessairement les arcs pour un récit de cinéma. Les deux versions partagent l’enquête et la question de l’ascension de l’Everest, mais il faut les considérer comme deux œuvres. Si vous aimez les récits d’alpinisme où la mémoire et le prix humain de la performance comptent autant que l’objectif, notre article sur Maciej Berbeka et Broad Peak traite, lui, d’une histoire documentée et non d’un personnage de fiction.
Dans quel ordre découvrir la série ?
- Commencez par le tome 1 pour entrer dans l’enquête de Fukamachi et comprendre ce qui relie Mallory à Habu.
- Suivez les cinq volumes dans l’ordre : les retours en arrière donnent progressivement du sens au parcours de l’alpiniste.
- Regardez ensuite le film si vous voulez comparer la condensation du récit, du suspense et des paysages dans l’animation.
Le lecteur peut apprécier la série sans pratiquer l’escalade. Sa force tient au rapport entre un personnage, une image à vérifier et une montagne qui résiste aux certitudes. L’œuvre ne remplace ni un témoignage de 1924 ni un manuel d’ascension : elle pose une question romanesque sur ce que les hommes acceptent de poursuivre.
Sources de référence : Kana, série et personnages ; Kana, tome 1 ; Festival de Cannes, film 2021 ; Netflix, droits de diffusion. Vérification éditoriale : septembre 2026.
